Mardi 17 juillet
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/Juil
12:41
Le verdict est tombé le 13 juillet. Il était négatif.
Au lendemain, le 14, j'ai écrit les mots qui traduisaient mes sentiments, à ce moment là trop nombreux pour être
assumés à l'unisson.
J'ai aussi décidé de terminer ce blog ici. Je l'ai crée pendant un "puit de vie", c'est le terme que j'avais
employé il y a deux ans. Ces pages m'ont aidé à discuter, m'ouvrir, et trouver des gens qui pour la première fois de ma vie n'ont été là que pour moi, que pour ce que j'avais à proposer. Pendant
un an de ma vie au moins, l'année où j'ai été le plus productif, j'ai senti que j'existais pour moi à travers les autres. Avant cette année là, et depuis, je n'ai plus jamais retrouvé cette
sensation. Mais pour expliquer tout ça, je vais vous retranscrire au dessous ce que j'ai écrit, le 14 juillet dernier, jour de fête pour le reste de la nation apparemment.
Ces pages se fermeront dans un nouveau puit de vie, plus profond que le précédent.
"Il est beaucoup trop dur de garder la face. De continuer à croire quand toutes les choses qu'on a voulu
éperdument sont les seules qu'on a définitivement perdu. De constater le gouffre entre ces personnes glorieuses, qui l'ont toujours été, et qui sont vos meilleurs amis, et nous même, nous sans
direction à prendre, nous sans lieu inconnu à découvrir, sans but à atteindre, nu. Le pire dans mes ressentiments est sans doute cette solitude froide, qui vient de ces quelques personnes qui
semblent éprouver de la pitié pour vous, mais qui ont une admiration encore plus grande pour ceux qui ont réussi. On ne gagne rien au final, ni la chance de sa vie, ni le coeur des
gens.
Après ma succession d'échecs, cette envie était l'ultime objectif dans lequel je plaçais tout mon corps et
mon esprit, toute ma dévotion. C'était l'occasion de la dernière chance pour ne pas oublier de croire que je ne vis pas pour rien. Mais le cap a été franchi et les chances bafouées.
"Reconnaissance de soi", ce terme m'est lointain. Cette chose si implicitement précieuse car elle donne de la valeur à chacune de vos actions, ne passe malheureusement que par les autres. C'est
autrui, qui vous juge digne, digne de sa confiance et de sa dévotion, et qui va placer quelque chose de lui en vous même. C'est à partir de ce moment là que sans vous en rendre compte, vos
actions vous apportent de la joie, du bonheur, du partage, et de l'humanité. De ma vie je n'ai jamais cessé de chercher des personnes qui auraient reconnu des qualités en moi que j'aurais mis à
leur service, et ceci m'aurait rendu heureux. Je n'en ai trouvé qu'une. Une personne formidable. Qui aujourd'hui se trouve dans la grande école que je convoitais, sans moi. Une personne
formidable en tout point que les gens s'arrachent parce que ses qualités explosent. Le contraste s'est installé entre nous deux depuis réellement cinq ans, cinq années pendant lesquelles je n'ai
jamais cessé de rechercher en vain. Aujourd'hui, 14 juillet, j'ai décidé d'arrêter.
"L'enfer c'est les autres", je comprends désormais et j'ai ma propre explication. Car condamné à constater
que je ne peux vivre que par les autres, et que ces gens me fuient, il en résulte une situation inextricablement douloureuse.
J'ai à présent l'impression d'être un objet. Venant de nulle part, se destinant à rien. Personne ne m'ayant
jamais attendu, personne ne m'attendant quelque part. Contingent à l'infini, j'ai honte de la situation confortable dont je jouis, d'homme d'une civilisation dite évoluée et stable, pour le peu
de choses concrètes que j'arrive à réaliser.
Je me sens hors contexte et hors du temps. J'ai l'impression que cette phrase me fait passer pour un artiste
vaniteux sur sa création. Mais au contraire, je n'ai aucun ouvrage derrière moi et n'ai plus envie d'en faire un. Je n'ai plus envie d'une vie comme ça. Je n'espérerai plus en attendant quelque
chose des gens. Le premier pas, j'attendrai que quelqu'un le fasse un jour. Et si personne ne le fait jamais, alors, je serais mort le 13 juillet 2012."
Au revoir.
J'ai eu un plaisir immense avec vous.
Et tous les mots que j'ai écrit au dessus, je les ressens avec la même intensité qu'il y a quatre
jours.
Quand les personnes qui m'ont refusé constateront quelle énergie je mets dans la défaite, et donc celle que
j'aurais pu mettre à leur service dans la victoire, ils comprendront leur erreur.